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Je n’ai jamais cherché à créer la polémique sur ce blog, au contraire mes articles se sont toujours voulus consensuels et conciliateurs, pourtant en voyant l’exposition : Le grand ensemble « entre pérennité et démolition » à l’école d’architecture de Belleville, je ne peux m’empêcher de pousser un petit coup de gueule. J’aime vraiment l’architecture et pour avoir déjà travaillé avec des architectes je peux aussi dire que ce sont des gens intéressants et ouverts. Mais c’est aussi un milieu dans lequel l’autosatisfaction est cultivée comme la vigne en Californie, à grand coup de pesticide, et la vermine en l’occurrence c’est vous et moi, les profanes.

L’exposition oppose systématiquement les architectes qui seraient tout-à-la-foi « défenseurs du patrimoine », « porteurs de grands courants, « conservateurs de l’intégrité architecturales » et de l’autre les profanes « attirés par la démolition télégénique » ce que les architectes appellent ici « la grande pauvreté ».

Du côté des architectes, aucune  remise en cause, au contraire. Lisez ce passage à propos des façades de l’ensemble « les serpentines » à Patin : « L’aspect esthétique des façades et leur mise en couleur est un enjeu auquel Emile Aillaud a accordé une extrême importance sur l’ensemble de son œuvre… ». S’en suit une tirade sur le génie de cet architecte qui a produit entre autre les tours Aillaud à Nanterre et la « grande borne » à Grigny. Cet architecte est d’ailleurs tellement génial, qu’après 30 ans, je ne crois pas qu’un seul de ses projets n’ai pas été un jour sujet à un débat sur sa destruction. En réalité l’ensemble de l’œuvre de cet architecte est un échec. Tout est trop grand, trop laid, trop difficile à entretenir et pourtant à en croire les architectes de l’école de Belleville, Aillaud est un génie incompris et si nous n’aimons pas sont travail, c’est soit que nous sommes intolérant, soit que nous ne connaissons rien à l’architecture, soit que nous ne la comprenons pas.

En somme cette exposition ethno-centrée n’a pas grand intérêt et s’il vous faut vous déplacer jusqu’à l’école d’architecture de Belleville c’est surtout pour la réhabilitation du bâtiment qui l’abrite. Réhabilitation qui, elle, est une vraie réussite.

PS : Je vous invite vraiment à aller voir sur internet des photos des œuvres de Aillaud: les serpentines de Pantin, les tours nuages de Nanterre et la grande borne de Grigny, vous m'en direz des nouvelles.

Exposition à voir à l'école nationale d'architecture de Belleville, 60 Boulevard de la Villette  75019 Paris jusqu'au 1er octobre 2010.